Journal · Geste
Le geste du molinillo
Un fouet en bois tourné, qu'on fait tourner soi-même entre les paumes.
Le molinillo est un petit outil en bois, une trentaine de centimètres de long, avec un manche fin et une tête sculptée de plusieurs anneaux libres qui s'entrechoquent. Il n'a qu'une fonction: transformer un cacao chaud, plutôt lisse, en un cacao mousseux. Pas de moteur, pas de pile, juste la forme de l'objet et le mouvement qu'on lui donne.
Le geste
Entre les paumes
On le tient à la verticale, entre les deux paumes, plongé dans le cacao chaud. Puis on fait rouler le manche d'une paume à l'autre, dans un mouvement de va-et-vient qui le fait tourner sur lui-même. Les anneaux de la tête battent le liquide, et la mousse monte peu à peu à la surface. Il faut un peu de pratique pour trouver le bon rythme, trop lent, rien ne se passe. Ce n'est pas le seul moyen d'obtenir de la mousse: un fouet classique, un mousseur à lait ou un mixeur plongé quelques secondes font aussi l'affaire. Mais c'est le geste le plus direct et le plus physique des trois.

D'où il vient
C'est un objet d'artisanat mexicain, originaire des régions d'Oaxaca et du Chiapas. Nous ne connaissons pas encore le nom précis de l'atelier qui le fabrique, ni si chaque pièce est tournée à la main ou produite en petite série, deux questions qu'on préfère laisser ouvertes plutôt que d'y répondre à sa place. Le bois utilisé est décrit par notre fournisseur comme du « bois de riz », une appellation qui n'est pas un nom botanique reconnu en français; on la reprend telle quelle, sans prétendre l'avoir identifiée plus précisément qu'elle ne l'est.
Depuis peu, notre molinillo vient aussi d'un second endroit: la Colombie. On n'a pas encore les détails de ce nouveau partenariat, ni le nom du fournisseur, ni le calendrier de disponibilité, ni même si la pièce colombienne est identique à la mexicaine ou en constitue une variante régionale distincte. On le dit simplement, en attendant d'en savoir plus, plutôt que d'inventer une histoire qu'on n'a pas.
Usage
Un outil, pas une relique
On présente le molinillo comme un outil rituel, au sens le plus concret du terme: un objet qu'on utilise dans un geste répété, jour après jour, pas la reconstitution d'une pratique ancienne qu'on prétendrait perpétuer sans rupture. C'est un outil qui fonctionne aujourd'hui, tel quel. pas une pièce de musée qu'on aurait ressortie pour l'occasion.
Après usage, un rinçage à l'eau tiède et un séchage à l'air suffisent. On évite de le laisser tremper: le bois n'aime pas ça. Un entretien simple, pour un objet simple, qui rend au fond un service assez modeste et assez précieux à la fois, transformer une tasse de cacao chaud en quelque chose d'un peu plus mousseux, un peu plus long à préparer, et pour cette raison même, un peu plus agréable à faire.





